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De Ondernemers Blog

Julien Lepièce [FR] Art et business : deux mondes qui ont tout à s’apporter

Le développement de la production artistique (quelle qu’elle soit) représente un écosystème particulier, avec ses codes, ses valeurs et ses vecteurs de diffusion. Elle est essentielle à la société à bien des égards. Trop souvent traitée comme fondamentalement incompatible avec des notions de rentabilité propre, elle est fortement dépendante de subsides ou de mécénats. Lorsqu’ils sont omniprésents ou majoritaires, ces moyens de financement créent un décalage profond entre l’industrie créative et son rapport au monde et à son marché. En effet, le seuil de rentabilité n’étant plus une problématique ni un objectif en soi, c’est toute l’existence et la visibilité de l’œuvre qui en pâtit. On en oublie alors la mission qui est (ou en tous les cas devrait être) la diffusion la plus large et la plus forte possible de ces créations. Niche ou pas niche, grand public ou pas grand public. 

 C’est un constat que je fais quotidiennement depuis plus de 15 ans d’activité professionnelle dans le secteur culturel. Si je prends ici l’exemple d’une économie basée sur le subside c’est aussi dans le but de mettre en lumière une problématique inhérente au monde artistique qui va en réalité bien au-delà. La confidentialité de la diffusion de nombreuses productions est un problème récurrent, dont les causes sont pourtant facilement identifiables : manque de connaissances, de stratégie, de vision, d’outils ou encore l’idée que la production de l’œuvre est un but en soi. Cette problématique me mène aujourd’hui à l’envie de défendre l’idée de l’artiste-entrepreneur comme un modèle mêlant de manière vertueuse business et art. 

 Il apparait comme crucial de pouvoir fournir aux créateurs et aux opérateurs toutes les clés nécessaires à la réussite dans un secteur qui est globalement « sous-équipé » en outils de management au sens large : stratégie à moyen et long terme, diversification, innovation… mais aussi communication, marketing et promotion en passant par des questions légales et d’optimisations fiscales. 

 Je suis intimement persuadé qu’un changement de paradigme en la matière peut déboucher sur une véritable nouvelle économie prenant la forme d’un cercle vertueux entre rentabilité et haute valeur ajoutée culturelle et donc sociétale.

Le monde artistique a besoin d’entrer dans une dynamique d’entreprise pour se pérenniser et rayonner, cette transition doit se faire avec des moyens spécifiques et en compagnie de professionnels orientés business qui connaissent en profondeur ce secteur aussi passionnant que particulier.