6 Days

Le blog de l'Entrepreneur

Lydwine Thibaut, Fondatrice de l’ASBL Cocorico and Co
[FR] Que fêterons-nous en 2050 ? 
- Monde post-travail. Vers une génération d’inutiles ? -

Dans son 3ème ouvrage, “21 leçons pour le XXIe siècle”, Yuval Noah Harari décrypte les enjeux auxquels nous aurons à faire face dans les années à venir. Mis en concurrence par l’intelligence artificielle, le travail humain pourrait bien disparaître. Quel sens donnerons-nous à nos vies alors ?

Ce n’est plus un peut-être, c’est devenu une certitude ! L’intelligence artificielle a démontré sa capacité à surpasser l’homme dans tous les domaines. La seule question reste à savoir quand, ou plutôt, sur combien de générations ? 

A vrai dire, peu m’importe. Je ne parlerai pas ici des potentielles conséquences que cela pourrait engendrer sur l’emploi. Je ne répondrai pas à ces questions clés posées par l’auteur : “Que faire pour empêcher les pertes d’emploi ? Que faire pour créer suffisamment de nouveaux emplois ?” 

Ce qui m’intéresse, c’est de saisir l’opportunité qu’offre cette question futuriste pour éclairer notre présent

J’ai toujours considéré le travail comme un lieu de contribution, l’espace idéal permettant à chacun d’exprimer son potentiel et de le mettre au service de la communauté. Cette croyance m’a encouragé à créer ma première entreprise, Cocorico and Co. 

J’observe que pour beaucoup de gens encore, travailler est normal, voir une suite logique dans les étapes d’une vie. On confond parfois nature et culture ! L’homme n’est pas par nature un travailleur. Par contre, l’homme est par nature un chercheur de sens. Aujourd’hui, le sens se puise essentiellement dans la place que j’occupe dans la société. Ma vie a du sens car je suis utile à travers mon travail.
Qu’en est-il dans un monde sans emploi ? Où trouverons-nous le sens si nécessaire à notre existence ? 

Et si la conscience d’une potentielle disparition du travail était l’opportunité de reconsidérer notre rapport à celui-ci, aujourd’hui

Vu la direction vers laquelle l’humanité semble se diriger collectivement, notre besoin de nous sentir utile pourrait bien être contrarié dans le futur. Certes, il nous faudra explorer de nouveaux modèles de société, d’économie et de régimes politiques post travail pour répondre à tous ces enjeux. 

N’est-ce pas l’occasion pour les humains que nous sommes d’accepter enfin d’être là, simplement, sans besoin de prouver quoi que ce soit, sans besoin de mériter notre place sur Terre ? Vivre la vie qui nous a été donnée. Oser être heureux sans rien faire. Faire ensemble, pour le seul plaisir d’être ensemble. Apprendre, partager nos savoirs. 

N’attendons pas demain pour en finir avec le “On n’est pas là pour rigoler”.